Le Festival International du Film à Singapour (SIFF) qui fête sa 21ème année d’existence, est un événement annuel très attendu. 45 pays y sont représentés au travers de 3000 films projetés. Sa « mission » : faire découvrir le cinéma du monde et ériger le film en tant qu’art à part entière. Cette année deux films français ainsi qu’un documentaire Franco-Cambodgien seront à l’affiche : Lady Chatterley de Pascale Ferran, Une Vieille Maîtresse de Catherine Breillat, Le papier ne peut pas envelopper la braise de Rithy Panh.
Lady Chatterley
Un film Franco- Belge de Pascale Ferran
5 Avril 2008/ 21h15/ LIDO 3
Dans le château des Chatterley, Constance coule des jours monotones, enfermée dans son mariage et son sens du devoir.
Au printemps, au coeur de la forêt de Wragby, elle fait la connaissance de Parkin, le garde-chasse du domaine. Le film est leur histoire.
Le récit d’une rencontre, d’un difficile apprivoisement, d’un lent éveil à la sensualité pour elle, d’un long retour à la vie pour lui. Ou comment l’amour ne fait qu’un avec l’expérience de la transformation.
Une vieille maîtresse
Un film de Catherine Breillat
12 Avril 2008/ 16H15/ LIDO 3
Paris, 1835… Comme pour conjurer les soubresauts de l’époque, la noblesse se pique au jeu des Liaisons dangereuses, (un demi-siècle après la publication du roman épistolaire de Choderlos de Laclos), feignant de se croire encore au siècle des Lumières.
La Marquise de Flers décide de marier sa petite fille, fleuron de l’aristocratie française, avec Ryno de Marigny, une sorte de Valmont romantique.
Mais ce que tout le monde ignore c’est que ce Don Juan, impénitent, est depuis 10 ans l’amant et la proie d’une courtisane scandaleuse, démon de la séduction, fille naturelle d’une duchesse et d’un torero.
Le papier ne peut pas envelopper la braise
Un film Franco- Cambodgien de Rithy Panh
5 Avril 2008/ 21h15/ National Museum
Un visage dans une lumière rouge...
"- Pourquoi ne rentres-tu pas maintenant au village ?
- Je ne veux pas... J’ai honte.
- Personne ne sait ton histoire. Si tu veux, je t’aiderai... retourne au village.
- Non. J’ai honte. Personne ne sait ce que je fais ici à Phnom Penh. Mais moi je le sais."
Le film se situe au plus proche de la vie donc de la mort spirituelle d’une prostituée. L’ultime déchéance sociale se solde par l’irréparable injustice d’un processus irréversible : la destruction d’un corps.
C’est pour moi un engagement, une tentative de réparation : revenir sur mon incapacité à réagir face à l’intolérable.
Ce projet de film vient de là. En moi, la détresse se mêle à la colère, j’en veux à ceux qui vont voir ces « putains », à l’indifférence, à la misère, à la bonne conscience. Alors le film ressemble à cette rage, morcelé, tranchant comme les débris d’un rêve.
Ce film a reçu le FIPA D’OR 2007 dans la catégorie documentaires de Création et Essais.
