Portrait d’alumni français n°5 : Tang Hwa Kwee, Journaliste, Lianhe Zaobao

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Lire le portrait n°2 : WANG Zihan, Fondatrice, VivaLing.
Lire le portrait n°3 : Chia Yew Boon, Directeur général et Fondateur, Catalyst.
Lire le portrait n°4 : Yvonne Guo, doctorante.
Lire le portrait n°6 : Lim Kah Bin, National University of Singapore.
Lire le portrait n°7 : Zhiheng PNG, Ministère des Finances.

Afin de célébrer le lancement de la plate-forme France Alumni à Singapour le 14 janvier prochain, l’Ambassade de France vous propose de découvrir chaque semaine le portrait d’un Singapourien qui a étudié en France pour qu’il nous parle de son parcours, de sa carrière et de sa relation avec la France. Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Tang Hwa Kwee, journaliste au journal en mandarin Lianhe Zaobao.


Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Singapourienne, je m’appelle Hwa Kwee. J’ai fait 5 années d’études à Sciences Po à Paris et au Havre. Aujourd’hui je suis journaliste pour un quotidien en chinois à Singapour, le Lianhe Zaobao.

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Pouvez- vous nous expliquer votre choix de la France, du français, de Sciences Po ?

Je suis partie à Sciences Po après mon A-Level (ndr : l’équivalent du bac français). J’apprenais déjà le français depuis l’âge de 13 ans : à Singapour, les 10 meilleurs % des élèves à l’examen de fin du primaire peuvent choisir une nouvelle langue étrangère. Deux fois par semaine, après les cours, nous prenions le bus pour aller au centre de langues à Bishan (MOELC) pour étudier le français. J’ai continué ainsi jusqu’au A-level. Je suis assez fière car à l’époque mon lycée ne proposait pas le français pour le A-level. J’ai donc dû demander une dérogation auprès du Ministre de l’Education, que j’ai obtenue. Vous pouvez donc voir que j’étais très motivée à apprendre le français ! J’étais passionnée par la littérature française, je prenais beaucoup de plaisir à lire Molière ou L’Etranger d’Albert Camus. Depuis le français s’est démocratisé dans davantage de lycées.

Dès l’obtention de mon A-level, j’ai eu très envie de partir à l’étranger. J’ai passé un test écrit après un stage de 6 mois auprès de la Singapore Press Holdings (SPH) et j’ai gagné une bourse et une promesse d’embauche après mes études. J’avais tout d’abord choisi l’Université de Pékin, qui est très prestigieuse et dont j’avais accès directement grâce à la bourse. A ce moment, le directeur du campus du Havre de Sciences Po, que j’avais rencontré quelques mois auparavant à Singapour, m’a écrit et proposé de postuler. C’était une spécialisation Asie et Europe avec de l’histoire, politique, économie. J’ai envoyé mon CV puis j’ai passé un entretien à l’Ambassade. Nous étions 4 à passer l’examen et deux seulement à avoir été acceptées. J’ai alors demandé à SPH de partir en France plutôt qu’à Pékin. J’avais pourtant déjà acheté le billet d’avion et trouvé un logement ! Mais j’étais très motivée pour partir en France. Au Havre, nous étions la première promotion, une quarantaine. La première année nous n’avions même pas notre bâtiment.

Ce que j’ai aimé au Havre, c’est la diversité des profils de mes camarades. Ils venaient de Chine, d’Inde, de Corée etc. J’avais été frappée au début par les débats en cours de politiques, très animés. A Singapour les élèves sont plus hésitants à parler. Sciences Po m’a également donné la possibilité de partir étudier à l’étranger. La 3e année, je suis donc partie à Séoul, pour y pratiquer le coréen. Après je suis rentrée à Paris pour faire le master en Affaires internationales. Je suis retournée alors à Séoul faire un stage chez Daily NK, un site internet qui traite de la relation entre les deux Corées.

Pouvez- vous nous parler de votre retour en France et de votre travail au Zaobao ?

Comme je vous l’expliquais, ayant obtenu cette bourse de SPH pour faire mes études en France, la contrepartie était de travailler 6 ans pour eux. Donc en fait, dès mes 19 ans, je savais déjà ce que j’allais faire pour les 11 ans à venir ! Depuis ce stage, je savais que je voulais être journaliste. J’avais eu l’occasion de toucher à beaucoup de choses : les chroniques judiciaires, les pages people, la couverture des événements communautaires (grassroots). J’ai même eu l’occasion d’interviewer le Président de Singapour M. S. R. Nathan. J’ai adoré pouvoir vivre des quotidiens différents tous les jours. Un jour être bien habillée au palais présidentielle, le lendemain au marché du coin.

Aujourd’hui, je travaille pour les pages jeunesse, communauté étrangère et arts. J’adore aller à la rencontre des gens. Mes études ne sont pas directement liées à ce que je fais maintenant, excepté cette même curiosité d’aller découvrir de nouvelles personnes, cultures etc. Chaque lundi je publie un article sur la communauté étrangère. Par exemple la semaine dernière, j’ai écrit un article sur l’association des femmes coréennes à Singapour. L’avantage de mon travail, c’est que contrairement aux journalistes d’actualité, moi au « lifestyle » je ne dépends pas des news et peux organiser mon travail à l’avance. Je vais à beaucoup de spectacles, à la rencontre des artistes. Pour les arts, j’ai 3 pages à remplir par semaine, que je partage avec 3 collègues. Le mercredi nous avons deux pages jeunesse avec deux collègues, et c’est pareil pour la communauté étrangère. Pendant les élections j’ai fait partie du newsdesk. C’était très intéressant, je couvrais les meetings, les manifestes. Je suis également jury du Straits Times Life ! Theatre Awards depuis 2013.

Que vous ont apporté la France et le français ?

J’ai adoré découvrir la culture française. C’était un plaisir d’aller au Louvres ou au Quai d’Orsay. J’aime beaucoup la musique classique qui se trouve également des racines en France. Mon séjour en France m’a vraiment fait découvrir la culture et les arts.

Cette sensibilité aux arts m’est utile dans mon travail. Ma connaissance de la langue française aussi ! Je réalise des entretiens avec la communauté française, mes interlocuteurs sont toujours surpris et très heureux de pouvoir parler en français. J’ai par exemple interviewé le groupe de théâtre Sing’theatre ou un professeur de l’Alliance française. Cette année, je suis allée couvrir le festival des arts « Singapour en France » également.

Pouvez-vous parler de votre engagement pour les Alumni ?

De 2010 à 2011 j’ai été présidente de l’association des Singapouriens en France. On a organisé des diners, promu la culture singapourienne. C’est toujours agréable de se retrouver, de parler singlish entre nous. Je suis très contente du lancement de la plateforme alumni, cela nous aidera à rencontrer de nouvelles personnes et à mieux échanger entre nous.

Dernière modification : 10/12/2015

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