Portrait d’alumni français n°7 : Zhiheng PNG, Ministère des Finances

Lire le portrait n°1 : Léon GE, Operations Specialist, Google.
Lire le portrait n°2 : WANG Zihan, Fondatrice, VivaLing.
Lire le portrait n°3 : Chia Yew Boon, Directeur général et Fondateur, Catalyst.
Lire le portrait n°4 : Yvonne Guo, doctorante.
Lire le portrait n°5 : Tang Hwa Kwee, Journaliste, Lianhe Zaobao.
Lire le portrait n°6 : Lim Kah Bin, Responsable du French Double Degree Programme à la National University of Singapore.

Afin de célébrer le lancement de la plate-forme France Alumni à Singapour le 14 janvier prochain, l’Ambassade de France vous propose de découvrir chaque semaine le portrait d’un Singapourien qui a étudié en France pour qu’il nous parle de son parcours, de sa carrière et de sa relation avec la France. Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Zhiheng PNG, du Ministère des Finances singapourien.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Zhiheng PNG, je suis Singapourien. J’ai étudié 3 ans en France de 2006 à 2009 avant de partir poursuivre mes études aux Etats-Unis puis au Royaume-Uni. Je travaille depuis janvier pour la fonction publique singapourienne, au Ministère des Finances. Avant cela, j’ai travaillé deux ans dans le privé, en e-commerce pour Zalora, puis dans la banque Morgan Stanley, dans la division Investment Banking.

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Pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire ?

A la sortie de mon Baccalauréat, j’ai obtenu sur critères académiques la bourse du gouvernement singapourien « Public Service Commission », qui a pour vocation de former les futurs cadres de la fonction publique singapourienne. En 2006, 39 bourses ont été attribuées, et j’ai été le seul à partir en France. L’Etat finance nos études jusqu’au Master, et en contrepartie nous avons l’obligation de travailler pour le gouvernement pendant 6 ans (5 dans le cas de la France). J’ai choisi la France pour faire quelque chose de différent. A Singapour, la majorité des fonctionnaires a fait Oxford, la London School of Economics (LSE) etc. L’Etat encourage donc les étudiants à partir vers d’autres destinations comme la France, l’Allemagne, la Chine ou le Japon. Je souhaitais apprendre une nouvelle langue, découvrir une nouvelle culture. La France est très riche au niveau culturel, de l’héritage, de la littérature, des sciences politiques, de la philosophie. Sa tradition intellectuelle m’a attiré.

A mon arrivée, j’ai donc commencé par un an de cours de langue à la Sorbonne : avant de partir, j’avais seulement suivi deux ou trois semaines de cours à l’Alliance française. A l’issue de cette année, mes amis français m’ont conseillé Sciences Po alors j’ai postulé et ai été accepté au campus du Havre, qui est un campus délocalisé de Sciences Po Paris.

J’ai beaucoup aimé Sciences Po. Les étudiants sont très variés, avec une communauté très soudée au Havre. Nous étions très connectés à Paris, avec de nombreuses activités en commun. J’ai aimé la dynamique des débats, beaucoup plus animée que ce que j’avais vu à Singapour. J’ai également aimé l’interaction entre les étudiants et la direction. Les étudiants peuvent s’investir pour l’école, jusque dans son management, via des comités. Sciences Po a l’avantage d’avoir une marque et un réseau très fort, et on a pu en profiter lorsque l’on faisait venir des intervenants à nos évènements. Au sein de l’école, j’ai été membre du BDE. Je me suis investi en organisant des conférences entre des lycéens asiatiques et havrais. J’ai également créé la société de débat en anglais pour représenter Sciences Po dans les compétitions internationales de type Parliamentary Debate.

Après deux premières années au Havre, je suis parti en échange à Harvard College pendant un an. En revenant, j’ai décidé de partir au Royaume-Uni pour compléter un Master à la London School of Economics, en science économique.

J’ai beaucoup profité de mon temps en France. J’ai obtenu une perspective vraiment unique. La pédagogie est très différente du système anglo-saxon. Sciences Po a de plus cette tradition d’exposés, de présentations orales et d’essais. J’ai aimé obtenir ce point de vue sur l’Europe et sur le modèle politique et économique français. Cela m’a beaucoup aidé à Singapour, en me permettant de penser « out of the box ». Je pense que cette perspective est vraiment intéressante pour mes collègues ici : je suis le seul à ma connaissance de tout le Ministère des Finances à avoir étudié en France.

Pouvez-vous nous raconter votre retour à Singapour et votre entrée dans le monde du travail ?

En revenant à Singapour, j’ai réalisé mon service militaire pendant un an et demi, puis j’ai rejoint le privé. J’ai donc décalé mon arrivée dans le public de deux ans, afin de gagner en expérience. Chez Zalora, une entreprise de e-commerce spécialisée dans la mode, j’ai travaillé dans un entrepôt, où je gérais la logistique et les chaînes d’approvisionnement, afin d’optimiser les processus. Le projet principal était de « insource » notre système de livraison, c’est-à-dire de récréer un système postal interne. Nous avons également créé un partenariat avec 7-Eleven pour en faire des points relais de nos livraisons. Ensuite j’ai eu envie de changement et j’ai donc rejoint Morgan Stanley, en tant qu’analyste dans la division de banque d’affaires. J’avais l’occasion de voyager à Hong Kong, en Malaisie, en Thaïlande, aux Philippines, c’était extrêmement intéressant. Dans ces deux sociétés, il y avait une forte communauté française. Le fait de parler la langue m’a vraiment aidé à accéder à ces communautés, ce qui est très riche.

Depuis janvier 2015, je suis au MOF, où je fais partie de l’équipe « Stratégie économique ». Notre cœur de métier est la recherche sur les sources de croissance économique, et cela à travers des politiques pour soutenir l’innovation, la productivité, et entrepreneuriat. Nous avons une fonction de planning. Nous sommes 150 personnes environ dans le Ministère.

Le programme dont je fais partie, le « Public Service Leadership Programme » nous offre l’opportunité de changer de Ministères tous les deux / trois ans. C’est un programme qui a pour vocation à former les futurs leaders de la fonction publique. Je pouvais indiquer une préférence pour certains postes, et je n’ai pas voulu rejoindre le Ministère des Affaires étrangères car je ne souhaite pas être catalogué comme spécialiste de la France. Je vois plus mes études à Sciences Po comme une formation générale en Sciences politiques ou économiques.

L’engagement politique à Singapour est beaucoup moins commun qu’en France. Je me souviens d’avoir été très surpris d’être tombé sur une manifestation des pompiers lors de ma première semaine à Paris. Je n’avais jamais vu ça. Cela a été très intéressant de découvrir cette culture de l’engagement politique.

Quel souvenir avez-vous de la France et quel lien entretenez-vous encore avec elle ?
Si j’ai pu voyager aux quatre coins de la France, ma région préférée reste la Savoie, pour le ski et le fromage beaufort. Malheureusement il est très cher et dur à trouver à Singapour ! J’aime beaucoup la région Rhône-Alpes, Grenoble, Annecy etc.

A Singapour j’essaye toujours de m’intégrer dans les évènements liés à la France, que ce soit via l’Ambassade, ou Sciences Po ou les autres écoles.

Je suis impliqué au sein de l’association des Anciens de Sciences Po à Singapour. Nous avons organisé des évènements, y compris des soirées de networking et des débats publiques. Un débat qu’on avait organisé était sur le système de gouvernance aux fonctions publiques française et singapourienne. Ce débat a été organisé à la LKY School, qui est partenaire de Sciences Po. On essaye donc de recréer un espace de débat intellectuel, un petit peu de Paris à Singapour.

Dernière modification : 04/12/2015

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