Portrait d’alumni français n°8 : Zainudin Nordin, ancien Membre du Parlement et Président de l’Association de Football de Singapour

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Lire le portrait n°2 : WANG Zihan, Fondatrice, VivaLing.
Lire le portrait n°3 : Chia Yew Boon, Directeur général et Fondateur, Catalyst.
Lire le portrait n°4 : Yvonne Guo, doctorante.
Lire le portrait n°5 : Tang Hwa Kwee, Journaliste, Lianhe Zaobao.
Lire le portrait n°6 : Lim Kah Bin, Responsable du French Double Degree Programme à la National University of Singapore.
Lire le portrait n°7 : Zhiheng PNG, Ministère des Finances.

Afin de célébrer le lancement de la plate-forme France Alumni à Singapour le 14 janvier prochain, l’Ambassade de France vous propose de découvrir chaque semaine le portrait d’un Singapourien qui a étudié en France pour qu’il nous parle de son parcours, de sa carrière et de sa relation avec la France. Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Zainudin Nordin, ancien Membre du Parlement et Président de l’Association de Football de Singapour.

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Je suis Zainudin Nordin. J’ai 52 ans cette année. J’ai été Membre du Parlement de Singapour (MP) de 2001 jusqu’aux dernières élections et je suis le Président de l’Association de Football de Singapour (FAS). J’ai été également directeur du département Alumni Promotion de Nanyang Polytechnic. Je suis marié et j’ai trois filles. J’adore la musique et la France, qui est mon deuxième pays.

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Pouvez-vous nous raconter comment votre histoire avec la France a-t-elle commencé ?

Après mon bac, j’ai eu l’opportunité de faire mes études à l’Institut Franco-Singapourien, qui a été créé par les gouvernements français et singapouriens. A l’époque, Singapour n’était pas si développée et via cet institut, la France nous apportait une aide technologique. J’étais dans la première promotion au début des années 80. En 2 ans, des techniciens supérieurs étaient formés selon les techniques françaises. Nous apprenions également la langue donc nos profils étaient intéressants pour les entreprises françaises. J’ai voulu intégrer l’IFS, car je voulais faire quelque chose de différent. Je voulais m’ouvrir au monde francophone, découvrir de nouvelles choses. Mes parents m’ont laissé choisir, ils m’ont fait confiance.

A l’issue de ces deux ans, j’ai travaillé un an dans le laboratoire de l’école puis j’ai été sélectionné pour continuer mes études à Paris. Cela a été difficile, le niveau était élevé mais j’ai réussi à intégrer l’ESIEE. Au début, pour les maths et les physiques, j’avais un livre en français et un en anglais pour être sûr de tout comprendre. J’ai vraiment travaillé dur. J’ai appris la persévérance. Je viens d’un milieu très simple. Pour moi, partir étudier à l’étranger était un rêve, cela a vraiment changé ma vie. J’ai rencontré de nombreux amis, je retourne encore les voir chaque année.
Cela a été pour moi une grande chance que de partir à l’étranger grâce à la bourse du gouvernement français. Grâce à M. Lee Kuan Yew, nos années « perdues » (les études en France étant plus longues) ont été compensées en années d’expérience professionnelles.

Pouvez-vous nous parler de votre carrière professionnelle ?
Quand je suis rentré, j’avais déjà un emploi au sein de l’IFS. J’ai travaillé en tant que professeur pendant 3 ans puis j’ai été envoyé par l’école dans l’industrie. Je suis devenu manager.

A côté de ça, je m’investissais beaucoup dans la communauté. J’aime travailler avec les gens. En 2001, on m’a invité à un déjeuner où l’on m’a parlé de politique. Ma fille était encore très jeune, mais j’y ai réfléchi et en 2001 je me suis présenté et ai été élu député dans le GRC de Bishan – Toa Payoh. En 2006, je me suis présenté une seconde fois. Le PM m’a nommé Maire du Central Singapore Disctrict, j’ai alors arrêté de travailler à l’école car je ne pouvais pas garder deux emplois à la fois. C’est vraiment gratifiant d’aider les gens, de chercher des stratégies. On ne trouve pas toujours des solutions mais on essaye. Singapour est un jeune pays, on peut expérimenter, apprendre des autres.

Quel est votre quotidien en tant que Membre du Parlement et de Maire ?

Le travail comporte plusieurs facettes. Au Parlement, je faisais partie de plusieurs comités, rattachés à des ministères et dont le but est de conseiller les ministres, critiquer les mesures etc. Régulièrement, on se rencontre avec les Parlementaires de l’ASEAN. J’ai présidé le French Friendship group et l’Europe Friendship group.
Au sein de la Constituency, j’ai un travail de conseiller pour les grassroots organizations, qui sont des organisations qui organisent des activités, font remonter les demandes de la population etc. Il y a de nombreuses façons de rencontrer les gens. Toutes les semaines il y a par exemple la « meet the people session ». 40 à 60 personnes viennent me voir chaque mardi. Je choisis également un bloc différent (bloc visit & house visit) chaque semaine et vais leur rendre visite directement chez eux. A Bishan North, j’avais environ 120 blocs HDB, soit environ 25 000 personnes. Et comme je disais plus haut, de nombreuses activités sont organisées : Chinese New Year, Deeapavali Festival, Line dancing etc. Ensuite, j’analyse avec mon équipe les demandes de mes habitants puis ai l’opportunité de poser des questions lors des sessions au Parlement. Je peux faire un discours dans le cas d’un projet de loi, ou amener un sujet à l’agenda et en parler pendant une demi-heure.

Enfin, j’ai aussi la responsabilité du Town council : c’est la gestion de la vie quotidienne de la municipalité : sécurité, hygiène, écoles, aides etc. Je fais également partie de nombreux comités dans la communauté : malais par exemple, football etc.
Via ce biais je suis devenu Président de l’Association de Football de Singapour (FAS). Le football est très populaire à Singapour, il y a environ 500 000 joueurs. Même si c’est du sport, c’est très important. C’est la seule association sportive où le Président est nommé par le Ministre. Le football est pour moi un formidable moyen d’engager les jeunes.

Singapour est divisée en 5 districts. J’ai été Maire de 2006 à 2011 du Central Singapore District, ce qui représente 1 million d’habitants. Ici la mission est davantage liée aux aides sociales, éducation, aide à l’emploi, l’harmonie raciale. La gestion de la municipalité est laissée au town council.

Comme vous pouvez le voir, cela fait de nombreuses casquettes et de nombreuses réunions ! C’est pourquoi j’ai décidé de ne pas me représenter lors des élections de 2015, afin de passer davantage de temps avec ma famille.

Pouvez-vous nous parler de l’origine de votre engagement politique ?

A l’origine, je me suis engagé via les grassroots organizations, qui sont indépendantes des partis politiques. J’ai créé une classe d’IT dans mon quartier. Ca a pris de l’ampleur et on m’a sollicité pour prendre des responsabilités. Mon engagement au PAP s’est donc fait dans un second temps. Pour moi, ça ne changeait pas grand-chose, mon travail était le même/
Aujourd’hui, cela fait 7 ans que je suis Président de la Fédération de Football de Singapour. Ce n’est pas un travail, je suis volontaire. Je préside le Conseil et prend la responsabilité des grandes stratégies. C’est un plaisir car je suis passionné de football. J’ai commencé à l’âge de 5 ans et ne me suis pas arrêté depuis. J’ai joué pour l’ESIEE en France. En rentrant j’ai fait partie de l’équipe de France de l’Alliance française au sein de la Cosmopolitan League. Je suis même devenu le manager de l’équipe, puis l’organisateur de la League.

Pouvez-vous nous parler de votre engagement pour les Alumni français ?

En 1990, en reentrant de France, j’ai intégré l’association French Alumni. J’ai fait partie du comité du Président Eric Téo dans les années 2000. On a organisé de nombreuses activités, créer un site internet pour apporter plus de dynamisme à l’association. Depuis 2013, je suis devenu le Président. C’est très important pour moi. Cette communauté a énormément de potentiel et de plus c’est une très bonne occasion de pratiquer mon français ! J’ai voulu transmettre ce lien à mes filles. Elles apprennent toutes le français. L’année dernière, j’en ai envoyé une faire un stage de six semaines en France.

Vous avez reçu une médaille par l’État français ?
J’ai reçu cette année la Médaille de Chevalier de l’Ordre Nationale du Mérite. C’est un honneur, mais tout ce que j’ai fait, c’était vraiment par passion.
La France et Singapour ont eu des relations diplomatiques dès la création de notre pays. Ce n’est pas par hasard. Donc dans toutes mes fonctions, j’ai essayé d’entretenir et de développer ce lien.

J’ai organisé des échanges entre l’ESIEE et Singapour. C’est très important pour moi, car une fois l’Institut franco-singapourien a fermé, je ne voulais pas que l’on perde ce lien. Du côté du football, j’ai beaucoup échangé avec la FFF, la fédération française, pour apprendre. Michel Platini est devenu un ami. Nous avons un accord d’entraide technique, de formations de jeunes, de coachs, de matches amicaux. En tant que Député, j’ai organisé des visites d’officiels.

Dernière modification : 28/01/2016

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