Relations économiques

I. Présentation générale de l’économie singapourienne

Ancienne colonie britannique, la Singapour est devenue indépendante en 1965 après avoir fait partie de la fédération malaisienne de 1963 à 1965. Démocratie parlementaire caractérisée par une grande stabilité politique, elle a connu une réussite exceptionnelle fondée sur une stratégie d’insertion dans les échanges commerciaux internationaux et une politique économique volontariste, destinée à préserver son attractivité à l’égard des investisseurs étrangers. En moins d’un demi-siècle, les Singapouriens ont fait de leur cité un État prospère, stable politiquement et socialement, dont le PIB par habitant est le 4ème le plus élevé au monde (mesuré en parité de pouvoir d’achat : 85 253 USD en 2015 selon le Fonds monétaire international).

La position stratégique de Singapour, au cœur de l’Asie du Sud-Est et à l’entrée du détroit de Malacca, en fait une plate-forme commerciale de rang mondial, dont l’économie très ouverte (taux d’ouverture commerciale de 115% du PIB en 2015) se caractérise par un poids élevé des réexportations (près de 60% des exportations totales). Ses échanges sont majoritairement intra-asiatiques (76% des exportations en 2015, dont 12,6% vers la Chine), bien que les marchés des économies du G3 restent un débouché important (la zone euro, le Japon et les Etats-Unis attirent 21% de ses exportations).

L’économie est marquée par la proéminence des services (59% du PIB au 3ème trimestre 2016), en particulier des services financiers et aux entreprises (26%). L’industrie manufacturière, la construction et l’immobilier représentent également des secteurs importants (27%), ainsi que les activités de logistique et de stockage (7%), au regard du rôle de plateforme de la cité-Etat. Singapour est effectivement une économie très ouverte (les échanges extérieurs représentent 3 fois le PIB) caractérisée par le poids des réexportations étroitement liées à la fonction prééminente du port (2nd au niveau mondial en matière de transbordement de containers) et au cadre réglementaire particulièrement propice aux affaires. La cité-Etat met effectivement tout en œuvre pour créer un environnement économique favorable au développement et à l’épanouissement des entreprises et des talents étrangers. Elle occupe la 2nde place du classement de la Banque Mondiale sur la facilité à faire des affaires.

Le taux de croissance du PIB de 1,5% en ga sur les trois premiers trimestres de 2016, le plus bas depuis 7 ans, confirme le ralentissement de l’activité économique de Singapour qui affiche désormais une progression comparable à celle des économies avancées. Avec un degré d’ouverture commerciale de 115%, la cité-Etat est pénalisée par sa forte dépendance au cycle mondial et ses liens étroits avec l’économie chinoise. La stagnation de l’activité à 0,6% en ga au 3ème trimestre offre des perspectives peu encourageantes et souligne les difficultés des secteurs pétrochimiques et des services. Malgré ce contexte morose, les politiques budgétaire et monétaire sont très modestement accommodantes alors que l’érosion de la compétitivité prix et la contrainte démographique entravent le dynamisme de la cité-Etat. Les recommandations de l’exercice de prospective des autorités pour identifier les futurs ressorts de la croissance seraient rendues publiques en janvier 2017 et pourraient amener à un budget 2017 plus expansionniste.

Le taux de croissance du PIB de 1,5% en ga sur les trois premiers trimestres de 2016, le plus bas depuis 7 ans, confirme le ralentissement de l’activité économique de Singapour qui affiche désormais une progression comparable à celle des économies avancées. Avec un degré d’ouverture commerciale de 115%, la cité-Etat est pénalisée par sa forte dépendance au cycle mondial et ses liens étroits avec l’économie chinoise. La stagnation de l’activité à 0,6% en ga au 3ème trimestre offre des perspectives peu encourageantes et souligne les difficultés des secteurs pétrochimiques et des services. Malgré ce contexte morose, les politiques budgétaire et monétaire sont très modestement accommodantes alors que l’érosion de la compétitivité prix et la contrainte démographique entravent le dynamisme de la cité-Etat.

II. Commerce bilatéral France – Singapour

Nos échanges commerciaux avec Singapour ont progressé de 5,2% en 2016 (contre +0,7% en 2015). Cette hausse du montant de nos échanges bilatéraux s’explique par nos bonnes performances à l’exportation (+14,9% soit 6,1 Mds EUR) malgré une diminution marquée de nos importations en provenance de la cité-Etat (-15,4% soit 2,1 Mds EUR). Singapour représente ainsi le 3ème excédent bilatéral français à 4,0 Mds EUR en 2016 (en hausse de 42,1% par rapport à 2015), après le Royaume-Uni (11,7 Mds EUR) et Hong Kong (4,6 Mds EUR) mais devant l’Afrique Subsaharienne (3,6 Mds EUR) et les Emirats Arabes Unis (2,6 Mds EUR).

1. Une progression sensible de nos exportations, du fait des livraisons aéronautiques

Partenaire privilégié de la France en Asie du Sud-Est, Singapour représente le 14ème marché des exportateurs français (1,4% des ventes françaises en 2016). Nos ventes totales à destination augmentent de 14,9% en 2016 à 6,1 Mds EUR, soit un rythme de croissance nettement supérieur à celui de nos exportations à destination de l’ASEAN (hors Singapour), qui ont atteint 8,6 Mds EUR (+8,3%). Cependant, ces données sont à nuancer en raison du rôle de Singapour comme plateforme de réexportations vers l’Asie : le commerce de transit représentait ainsi 57,2% des importations totales en 2015.

En 2016, nos exportations vers la cité-Etat ont été tirées par les livraisons aéronautiques. Les ventes de matériels de transports ont plus que doubler avec une hausse spectaculaire de 123,9% pour atteindre 1,5 Md EUR (soit 24,5% du total des ventes françaises à Singapour). Une augmentation qui s’explique par nos livraisons d’aéronefs en hausse de 140,6% en 2016 (à 1,4 Md EUR, en raison de la livraison d’une dizaine d’A350 à la compagnie Singapore Airlines entre mars et décembre 2016), tandis que nos exportations de navires et structures flottantes progressaient de 71,4% (à 42,5 M EUR).

Les ventes du poste des produits manufacturés ont enregistré une croissance de 14,5% en 2016 (à 2,4 Mds EUR, soit 39,9% de nos exportations totales sur la période). Nos ventes de produits des industries agroalimentaires (IAA) se sont contractées de 3,6% en 2016 à 890,1 M EUR (après avoir enregistré une très légère hausse en 2015 de 0,9%).

2. Une diminution de nos importations qui se poursuit

Le montant de nos importations depuis Singapour a atteint son plus bas montant sur la décennie à 2,1 Mds EUR en 2016 (en diminution de 15,4% par rapport à 2015), faisant de la cité-Etat le 42ème fournisseur mondial de la France (0,4% des achats) et le 4ème fournisseur en ASEAN (14,3% des achats) derrière le Vietnam, la Thaïlande et la Malaisie. C’est la 4ème année consécutive que nos achats en provenance de Singapour reculent (après -9,1% en 2015, -10,8% en 2014 et -32,2% en 2013). Cette baisse est cependant difficile à interpréter, dans la mesure où la moitié de nos achats correspond à des biens produits hors de Singapour.

Nos achats restent concentrés sur les produits pharmaceutiques, qui représentent 37,1% du total de nos importations (à 793,8 M EUR), et ce malgré une baisse de 18,6% en 2016. Le second poste d’importations concerne les produits informatiques, électroniques et optiques avec 574,1 M EUR d’achats (26,8% du total), en baisse de 8,5%.

Si nos achats de produits pétroliers raffinés représentent 13,3% de l’ensemble de nos importations singapouriennes, ils ont atteint 284,6 M EUR en 2016, soit une baisse de 26,1%. Le secteur des matériels de transport (unités flottantes de production, de stockage et de déchargement pour l’essentiel) ne compte désormais plus que pour 6,1% des importations totales, avec des achats de seulement 130 M EUR, en chute de 21,6% en 2016. Le poste machines industrielles et agricoles (3,7% du total des achats) a par ailleurs progressé de 9,6% dans notre panier d’importations pour atteindre un montant total de 78,3 M EUR en 2016.

3. Notre excédent commercial vis-à-vis de Singapour progresse de 42,1% en 2016

Depuis 2012, la consolidation de notre solde commercial avec la cité-Etat s’explique essentiellement par une baisse des importations liée pour partie à la contraction des achats de produits pharmaceutiques (annexes 1, 2 et 3). De plus, sur les deux dernières années, le montant de nos exportations vers Singapour est en progression : +6,2% en 2015 et +14,9% en 2016. Notre excédent commercial atteint ainsi 4 Mds EUR en 2016, contre 2,8 Mds EUR en 2015 (soit une hausse de 42,1%) et seulement 1,2 Md EUR en 2011.

III. Investissements bilatéraux et présence française à Singapour

Les IDE jouent un rôle central dans le développement de l’économie singapourienne, conséquence du choix volontariste de la cité-Etat de contrebalancer l’étroitesse de son marché par une forte attractivité de son territoire à l’égard des firmes étrangères, multinationales et PME innovantes. Les flux totaux d’IDE entrants à Singapour progressent de 3,7% entre 2013 et 2014 pour atteindre 68,5 Mds USD (données CNUCED). La cité-Etat attire toujours à elle seule plus de la moitié des IDE entrants en ASEAN bénéficiant largement de son positionnement comme centre financier et hub commercial régional, ainsi que de la qualité de ses infrastructures, de ses institutions, et de sa politique fiscale avantageuse (taux d’impôt sur les sociétés à 17%).

1. Investissements français à Singapour

D’après les données du Département singapourien des statistiques, l’Union européenne (UE) est le premier investisseur à Singapour, avec un stock d’IDE de 230 Mds USD (23% du stock total d’IDE dans la cité-Etat en 2014), loin devant les Etats-Unis (15%). Le stock d’IDE français est plus faible que ceux d’autres pays, la France étant le 18ème investisseur étranger dans la cité-Etat et le 7ème investisseur européen (1,4% du stock d’IDE à Singapour), derrière les Pays-Bas (6,6%), le Royaume-Uni (6,5%), la Suisse (4,3%), le Luxembourg (3,4%), la Norvège (2,3%) et l’Allemagne (1,7%). Singapour est néanmoins la première destination des investissements français en ASEAN, avec 10,7 Mds EUR (+17% par rapport à 2014), soit plus de 60% du stock français en 2015 dans la région, loin devant la Thaïlande (3,1 Mds EUR) et l’Indonésie (2,5 Mds EUR). Les données de l’INSEE pour 2014 indiquent par ailleurs que plus de 6 000 entreprises françaises exportent vers Singapour.

2. Investissements singapouriens en France

Le stock d’investissements singapouriens en France s’est établi à un niveau élevé en 2015 à 1,1 Md EUR (après 676 M EUR en 2014). Ces investissements demeurent de loin les plus importants en provenance d’un pays de l’ASEAN, encore aujourd’hui une région relativement émergente. Ce stock d’investissements représente une quarantaine d’implantations et plus de 1 500 emplois (créés ou préservés), principalement dans les secteurs de l’immobilier, de l’hôtellerie, des NTIC et de l’industrie (Capitaland Limited, Millenium Hotels Group, Wilmar international).

Les fonds souverains singapouriens, GIC et Temasek, 8ème et 12ème plus importants fonds souverains au monde en termes d’actifs sous gestion, sont naturellement parmi les principaux investisseurs singapouriens en France, de manière directe ou indirecte. Si la stratégie des deux fonds vis-à-vis de la France reste relativement peu expansionniste, GIC détiendrait entre 15 et 18 Mds USD d’investissements en France, principalement via des actifs financiers (actions de sociétés du CAC 40), des titres souverains et des investissements immobiliers (tours du quartier de La Défense, hôtel Westin). GIC a également fait partie des investisseurs intéressés par la privatisation des aéroports de Nice et Lyon et serait en discussion avec Société Générale pour revendre deux immeubles parisiens pour un montant de 500 M EUR. Temasek est présent en France à travers sa participation dans le groupe CapitaLand pour 39% du capital (Ascott - Citadines) et est également entré au capital de la société holding du fonds d’investissement français Tikehau (implanté à Singapour) à hauteur de 5% mi-2016.

3. Présence française à Singapour

Avec plus de 681 filiales de grandes entreprises, entreprises de taille intermédiaire (ETI) et petites et moyennes entreprises (PME), et environ 330 entrepreneurs, les implantations françaises à Singapour emploient près de 40 000 salariés. L’attractivité de Singapour pour nos entreprises repose sur trois facteurs principaux : i) la volonté de profiter d’un dynamisme économique régional exceptionnel ; ii) l’opportunité d’un point d’ancrage stratégique vers le sud-est asiatique ; et iii) les facilités (et la sécurité) juridiques, fiscales, linguistiques et culturelles qu’offre le pays.

Le tissu des filiales de PME et ETI françaises y est notamment très développé et si il couvre une grande variété de secteurs, on note une forte représentation i) des nouvelles technologies, de l’électronique et des TIC ; ii) des services aux entreprises ; et iii) de l’industrie mécanique, de la sidérurgie, de la défense.

Si les groupes français sont bien positionnés sur les grands contrats publics et aéronautiques, les entrepreneurs français installés à Singapour sont également très dynamiques dans le secteur des services aux entreprises. Les petits cabinets, spécialisés en marketing, stratégie ou ressources humaines, se multiplient pour répondre notamment aux besoins des entreprises françaises implantant une filiale à Singapour. Le secteur de l’habitat, des loisirs et de la culture, et celui de l’agroalimentaire sont également prisés par nos entrepreneurs.

Pour plus d’informations

  • Horizon Asean (lettre trimestrielle du Service Economique Régional) :

- Télécharger le numéro 18 - Décembre 2016 (.pdf, 1.9Mo)

- Télécharger le numéro 17 - Septembre 2016 (.pdf, 1.8Mo)

- Télécharger le numéro 16 - Juin 2016 (.pdf, 1.7Mo)

Liens utiles

- Site Internet du Business France

- Service Economique Régional de Singapour / Direction générale du Trésor

- French Chamber of Commerce in Singapore

Dernière modification : 17/02/2017

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