Relations économiques

1. Présentation de Singapour

Ancienne colonie britannique, la cité-Etat est devenue indépendante en 1965 après avoir fait partie de la fédération malaisienne de 1963 à 1965. Démocratie parlementaire caractérisée par une grande stabilité politique, elle a été servie par un dynamisme économique presque ininterrompu.

Depuis son indépendance en 1965, Singapour connaît une réussite exceptionnelle : la croissance s’est établie, en moyenne, à 6,8% par an depuis 1980 et le niveau de vie atteint est celui d’un pays moderne et développé. Son PIB par habitant dépasse 55 100 USD pour une population de 5,4 millions de personnes. Cette réussite s’est fondée sur une stratégie d’insertion dans les échanges commerciaux internationaux et une politique économique volontariste, destinée à renforcer l’attractivité du pays à l’égard des investissements directs étrangers (IDE).

Bénéficiant d’une position stratégique au cœur du Sud-est asiatique, la cité-Etat met tout en œuvre pour créer un environnement économique favorable au développement et à l’épanouissement des entreprises et des talents étrangers : des infrastructures hors pair, des services très efficaces, un cadre juridique sécurisant, une qualité de vie certaine. L’économie repose sur trois piliers : l’industrie manufacturière et la construction (le quart du PIB), les activités de logistique et de communication, les services financiers (3ème place financière en Asie en termes d’actifs gérés) et les services aux entreprises. Plateforme commerciale mondiale, Singapour est une économie très ouverte (les échanges extérieurs représentent 3 fois le PIB) caractérisée par le poids des réexportations étroitement liées à la fonction prééminente du port (2nd au niveau mondial en matière de transbordement de containers) et au cadre réglementaire particulièrement propice aux affaires. La cité-Etat occupe la première place du classement de la Banque Mondiale sur la facilité à faire des affaires et la 2nde en termes de compétitivité selon le World Economic Forum. Singapour s’impose donc pour de nombreuses entreprises comme un point d’ancrage pour leurs activités en Asie du Sud-Est et même au-delà : près de 480 sociétés y sont implantées et représentent la plupart des grands secteurs d’activité.

1ère place financière d’Asie du sud-est, Singapour a intégré en 2009 la liste « blanche » de l’OCDE sur les paradis fiscaux. Membre du Conseil de Stabilité Financière, du Comité de Bâle sur la supervision bancaire et co-fondateur du groupe 3G (Global Governance Group) à l’ONU, réunissant 28 pays non-membres du G20 désireux de faire valoir leur position, Singapour a fait partie des cinq pays non-membres du G20 invités par la France en 2010, au titre de sa présidence.

2. Commerce bilatéral

Si nos échanges commerciaux avec Singapour ont enregistré une contraction marquée en 2013 et 2014 (respectivement de -18,4% et -8,5% en ga), ceux-ci ont très légèrement progressé en 2015 (+0,7%). Cette quasi-stabilisation de nos échanges avec la cité-Etat s’explique par la croissance de 6,1% de nos exportations (portées par les ventes de composants électroniques, d’aéronefs et de produits chimiques et cosmétiques) et la diminution de 9,1% de nos importations. Notre excédent commercial avec Singapour s’améliore donc de 24,9% en ga en 2015 pour atteindre plus de 2,8 Mds EUR, soit le 3ème excédent au monde par le montant (4ème en 2014).

Nos échanges commerciaux avec Singapour se sont élevés à 7 875 M EUR en 2015, un montant en hausse par rapport à 2014 (+0,7%) . Ce résultat s’explique par la contraction de nos importations en provenance de la cité-Etat (-9,1% en ga), qui s’établissent à 2,5 Mds EUR en 2015, et la progression de 6,1% en ga de nos exportations vers Singapour, qui atteignent 5,3 Mds EUR. Singapour constitue ainsi le troisième excédent bilatéral français en 2015 à 2,8 Mds EUR (en hausse de 24,9% par rapport à 2014), après le Royaume-Uni (12,2 Mds EUR) et Hong Kong (3,7 Mds EUR).


1. Une progression globale de nos exportations, tirée par les secteurs du textile et de l’électronique

Partenaire privilégié de la France, Singapour se place au 15ème rang de nos clients (1,2% des ventes françaises en 2015) . Si nos ventes globales à destination de l’ASEAN diminuent très légèrement de 0,5% en 2015, celles à destination de Singapour enregistrent une hausse de 6,1%, principalement tirées par deux postes d’exportations, les textiles, habillement, cuir et chaussures (11,3% de nos exportations totales sur la période) et les produits informatiques, électroniques et optiques (17,9% du total) dont les ventes ont progressé respectivement de 29,6% et 14,5% en 2015 pour venir s’établir à 603 M EUR et 956 M EUR (annexes 1 et 4).

Si globalement le poste autres produits industriels (40% des exportations françaises à Singapour) enregistre une croissance de 11,6% en 2015 (à 2,1 Mds EUR), les sous-catégories qui le composent présentent des performances contrastées. Les ventes de produits pharmaceutiques ont ainsi progressé de 11,4% en 2015 (à 434,8 M EUR, soit 8,1% du total des ventes) mettant ainsi fin à trois années consécutives de baisse (-1,8% en 2012, -28,5% en 2013 et -17,6% en 2014). Les exportations de produits chimiques, parfums et cosmétiques ont également augmenté en 2015 pour atteindre 882,6 M EUR (soit une hausse de 7,6% en ga) . A l’inverse, les ventes de produits métallurgiques et métalliques et de produits manufacturés divers ont diminué de 24,1% et 1,4% respectivement à 72,3 M EUR et 83,4 M EUR en 2015.

Après s’être contractées de 7,1% en ga en 2014, nos ventes de produits des industries agroalimentaires, 4ème poste d’exportations à Singapour en 2015 (soit 17,3% du total), enregistrent une très légère progression de 0,9% à 923,3 M EUR en raison de la stabilisation des ventes de boissons alcoolisées distillées (qui atteignent 500,5 M EUR).

Le poste matériels de transports – représentant 12,5% du total des ventes françaises en 2015 (contre 13,5% en 2014) – enregistre un léger repli de 1,1% sur l’année (après une chute de 38,2% en 2014 et de 24,0% en 2013). Si les ventes d’aéronefs et d’engins spatiaux ont augmenté de 17,1% en ga (à 586,2 M EUR, avec notamment la vente de cinq A330 à la compagnie Singapore Airlines), nos exportations de navires et autres structures flottantes chutent de 80,0% en ga (à 24,8 M EUR) et le poste autres équipements de transport se contracte de 31,6% (à 134,8 M EUR). Par ailleurs, la baisse du cours du pétrole a entraîné une contraction de 38,1% de la valeur de nos ventes de produits pétroliers raffinés en 2015 à 45,9 M EUR.

2. Une diminution de nos importations depuis Singapour qui se poursuit

Avec un volume d’importations atteignant 2,5 Mds EUR en 2015 (en diminution de 9,1% en ga), Singapour devient le 37ème fournisseur mondial de la France (0,5% des achats) et le 3ème fournisseur « ASEAN » (17,8% des achats) derrière le Vietnam et la Thaïlande.

Cette baisse des achats s’est concentrée sur les secteurs des matériels de transport, comptant pour 6,6% des importations totales, avec des importations de seulement 165,8 M EUR, en chute de 50,2% par rapport à 2014 (annexes 1 et 5). Si nos achats de produits pétroliers raffinés représentent 15,3% de l’ensemble de nos importations singapouriennes, ils ont atteint 385,8 M EUR en 2015, soit une baisse de 21,3%. Le poste produits chimiques parfums et cosmétiques (2,6% du total des achats) s’est également contracté de 30,8% en ga à 64,9 M EUR, à l’instar de nos importations de textiles, habillement, cuir et chaussures qui ont baissé de 41,3% en ga (6,7 M EUR).

Premier poste d’importations depuis Singapour, les produits pharmaceutiques ont pris une place plus importante dans notre panier de biens 2015, avec une hausse de 8,1% des achats, pour un montant de 974,6 M EUR. Cette évolution continue de faire progresser la part de ces produits dans le total de nos importations, aujourd’hui à 38,5% (contre 24,4% en 2011 et 1,0% en 2006). Cependant, si les préparations pharmaceutiques ont cru de 41,8% (à 511 M EUR), les produits pharmaceutiques de base ont enregistré une baisse de 14,3% en 2015 (à 463,6 M EUR).

3. Notre excédent commercial vis-à-vis de Singapour progresse de 24,9% en 2015

Depuis 2012, la consolidation de notre solde commercial avec la cité-Etat s’explique essentiellement par une baisse des importations liée pour partie à la stagnation de l’activité économique en France et à la contraction des achats de produits chimiques, parfums et cosmétiques (annexes 2 et 3). Notre excédent commercial atteint ainsi 2,8 Mds EUR en 2015, contre 2,3 Mds EUR en 2014 (soit une hausse de 24,9%). Le ralentissement de la croissance de la cité-Etat à 2,1% en moyenne en 2015 (au plus bas depuis 2009), les pressions exercées sur les monnaies de la région (dont le dollar singapourien, qui s’est déprécié de 6,8% en 2015) et la chute du prix du pétrole (-21,4%) offrent peu de visibilité quant aux performances attendues des exportateurs français sur l’année 2016.

3. Investissements

Les IDE jouent un rôle central dans le développement de l’économie singapourienne, conséquence du choix volontariste de la cité-Etat de contrebalancer l’étroitesse de son marché par une forte attractivité de son territoire à l’égard des firmes étrangères, multinationales et PME innovantes. L’Union européenne (et notamment les Pays-Bas) est toujours le premier investisseur (23% des stocks d’IDE à Singapour), loin devant les Etats-Unis (15%) et le Japon (11%). Les flux totaux d’IDE entrants à Singapour progressent de 4% entre 2013 et 2014 pour atteindre 67,5 Mds USD (données CNUCED). La cité-Etat attire toujours à elle seule plus de la moitié des IDE entrants en ASEAN bénéficiant largement de son positionnement comme centre financier et hub commercial régional, ainsi que de la qualité de ses infrastructures et de sa politique fiscale très avantageuse (taux d’impôt sur les sociétés à 17%). Ainsi, la France a investi 422,8 M EUR à Singapour en 2014 (après deux années consécutives de désinvestissement, dont un rapatriement des IDE de 487,1 M EUR en 2013). Les autres destinations d’IDE français en ASEAN sont principalement la Thaïlande et l’Indonésie (respectivement 447,2 M EUR et 290,5 M EUR en 2014). De nouvelles perspectives pour les entreprises françaises s’ouvrent dans les économies les moins développées de la région que sont la Birmanie, le Cambodge et le Laos, qui voient leur degré d’ouverture s’accroître avec la mise en œuvre de l’ASEAN Economic Community (AEC) depuis le 1er janvier 2016.

Si le stock d’IDE français dans la cité-Etat était de l’ordre de 11,4 Mds USD en 2014 (la France n’y étant que le 7ème investisseur européen, derrière les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Allemagne notamment – données Singstat), celui-ci a augmenté de 13,2% en glissement annuel, en raison, d’un élargissement des activités de back office et R&D des entreprises françaises au sein de la cité-Etat. Le stock d’IDE français en ASEAN atteint au total 14,2 Mds EUR, en progression de 16,4% en glissement annuel en 2014 (données Banque de France).

A l’inverse, les entreprises singapouriennes ont désinvesti de France, à hauteur de -1 Md EUR en 2014, après un investissement de 840 M EUR en 2013, conduisant à un stock d’investissements singapouriens en France qui atteint 500,5 M EUR en 2014 (en baisse de 66,7% par rapport à 2013*), représentant une quarantaine d’implantations, principalement dans l’immobilier, l’hôtellerie, les NTIC, l’agro-alimentaire et les industries de base. *NB : le chiffre d’IDE apparaît minoré et doit être pris avec la plus grande précaution, les données provenant d’une enquête annuelle.

Pour plus d’informations

-  Situation économique et financière de Singapour

-  Le commerce extérieur de Singapour

-  Les échanges commerciaux bilatéraux France - Singapour

- Présence française à Singapour et investissements bilatéraux

- Les Investissements directs français en ASEAN et à Singapour

- Horizon ASEAN No 10

- Horizon ASEAN No 11

- Horizon ASEAN No 12

- Horizon ASEAN No 13

- Horizon ASEAN No 14

Liens utiles

- Site Internet du Business France

- Service Economique Régional de Singapour / Direction générale du Trésor

- French Chamber of Commerce in Singapore

Dernière modification : 03/03/2016

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