Rencontre avec Alexandre Col

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Quel est votre rôle au sein de l’Ambassade ?

Je suis Attaché culturel et audiovisuel, et mes missions sont de favoriser le rayonnement et la diffusion de la pensée, des arts, de la culture française et du patrimoine français, d’encourager le dialogue et les échanges entre institutions culturelles, ainsi qu’entre les artistes singapouriens et français, et de promouvoir la diversité culturelle.

Plus précisément, quels sont vos domaines d’intervention ?

Je travaille à la fois sur les arts visuels, la littérature, le débat d’idées, la langue française, le spectacle vivant et les industries culturelles (cinéma, musiques actuelles) et créatives (design, architecture, numérique…). Nous disposons également de plusieurs programmes d’invitations dédiés (FOCUS, Culture Lab, Lab Citoyen) pour valoriser notre ingénierie culturelle et favoriser l’attractivité de la France. C’est donc un challenge permanent, très enthousiasmant !

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis initialement spécialisé en spectacle vivant, et en particulier en musiques, avec près de 20 ans d’expérience en tant qu’organisateur de spectacles en Aquitaine, puis producteur d’artistes internationaux, au cours desquels j’ai été en particulier membre du Conseil Supérieur des musiques actuelles. Ces dernières années, j’ai travaillé plus précisément sur les politiques culturelles et la structuration des organisations culturelles et créatives, avec des partenaires de toutes disciplines, ce qui m’a apporté la compétence et la bonne compréhension des enjeux de la filière qui me sont utiles aujourd’hui en terme d’expertise. J’ai également été formé au Collège des Hautes Etudes en Développement Durable (CHEDD), pour lequel les ponts avec la culture sont évidents quand on pense l’intérêt général.

Quelles sont pour vous les enjeux principaux dans la culture et à Singapour ?

La période actuelle est passionnante : le modèle d’organisation de la culture en France doit s’adapter à un contexte de financements publics contraints et se réinventer. Singapour est également dans une période de mutation, en cours de construction d’un écosystème créatif, autour d’équipements, de lieux de formations, d’accompagnement d’équipes artistiques, de développement de son marché…

Cela m’apparait comme une chance de pouvoir travailler sur ces deux tableaux, la clef étant de savoir concilier les enjeux publics et les potentialités privées. Il est donc nécessaire d’avoir une vision stratégique de la Culture, en nous appuyant sur l’ingénierie culturelle forte dont la France dispose, et que nous devons valoriser en interne comme à l’international. Pour cela la concertation est une méthode essentielle afin d’identifier les besoins et attentes et favoriser des collaborations effectives.

Les enjeux de programmation et d’intervention sont désormais pluriels, entre exigence artistique (à ne pas confondre avec le divertissement, majoritaire), viabilité économique, prise en compte de l’ensemble des parties prenantes et des facteurs qui relèvent de la diplomatie d’influence française. Si vous saupoudrez cela d’une révolution numérique, dans le contenu comme dans les moyens de diffusion et de communication, vous pouvez prendre la mesure du défi passionnant à relever au quotidien.

Pour exemples, nous venons de créer « Music France », autour de rencontres professionnelles et d’un plateau d’artistes français à l’occasion de Music Matters, qui répond à un besoin de rayonnement de nos artistes dans la zone Asie-pacifique. Nous travaillons également avec le MCCY et le Ministère de la Culture français à la possible création d’une « Plateforme des Arts Numériques et multimédias », laboratoire–studio et pôle de recherche & développement, dans laquelle les opérateurs français auraient toute leur place, et qui inscrirait Singapour comme une des principales villes créatives.

Travailler au sein d’une Ambassade est nouveau pour vous ?

Effectivement, et c’est une importante opportunité que j’ai souhaité saisir, qui permet une approche transversale, de collaborer et d’imaginer des liens non seulement avec mes collègues scientifiques et de la chancellerie, mais aussi des services économiques, consulaires, voire de sécurité, de défense et de police.

Que faudra-t-il retenir en termes culturels cette année ?

Evidemment le (re)lancement de Voilah !, French Festival Singapore ! Nous avons souhaité présenter la plus grande palette d’expression de la France : la culture, mais aussi la science et l’innovation, et bien sûr la gastronomie. Si cette nouvelle édition était un vrai challenge pour chacun d’entre nous, elle fait preuve d’une grande diversité et a porté ses fruits ! Singapour est en construction de sa politique culturelle et a choisi la France comme référent. Il importe donc de maintenir des échanges artistiques de qualité – et nous savons encore innover en la matière et valoriser notre histoire exceptionnelle – et d’intensifier nos coopérations. La dimension voulue pour Voilah ! en particulier répond à ces enjeux, en y ajoutant une accessibilité nécessaire pour un public Singapourien multiculturel qui s’ouvre progressivement à l’art.

Nous aurons ensuite de belles collaborations avec le Night Festival en août, et le Singapour International Festival of Arts en septembre, puis en fin d’année nous retrouverons le RendezVous With French Cinema avec un plaisir partagé, j’espère ?

Quelle qu’en soit la forme, il importe de faire d’une « rencontre culturelle » une expérience globale. Selon l’Unesco, la culture est la création de valeurs communes. J’y ajouterai qu’elle est un maillon indispensable pour accompagner un développement humain durable.

Dernière modification : 22/07/2015

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